Les
forbans qui l’ont vue n’ont pas voulu le dire
Qu’elle hurlait si fort et se cachait si loin
Quand ils l’ont cherchée sur des proues en délire
L’ont prise éblouie et l’ont aimée si
bien
C’est alors que pour elle ils découvrirent des îles
Pour y crever leurs outres et répandre leur vin
La terre en fut ivre, et les fauves débiles
Qui venaient à leurs genoux se prenant pour des chiens
Les Forbans revenus n’ont pas voulu le dire
Qu’ils avaient caressé son ventre et ses cheveux
Ils étaient tatoués de slogans à frémir
L’amour , la mer, la mort, mais ni maître ni dieu
Puis ils ont repartis prétextant l’Amérique
Sans avoir dessoulé se traînant jusqu’au port
En jetant au passage à des gosses faméliques
Des idées de beauté et des pièces en or
Des forbans ont vieilli dans des bouges tranquilles
Sans avoir plus jamais regardé la mer
D’autres finirent cinglés inventant dans des îles
De nouveaux théorèmes pour un monde à l’envers
Puis ils y a eu l’Histoire puis il y a eu le pire
Et des assassinats et des vagues de piété
Mais les forbans jamais n’ont voulu nous le dire
Que cette putain là c’était la liberté
Que cette putain là…la la la la la la
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